[Texte] Brouillon d’une énième mort

Là tes regards ne sont déjà plus pour moi, glissés dans l’ouverture de la porte, je les vois portés – noisettes de l’automne mûr – sur le col d’un homme brun, petit, merdique comme tes goûts musicaux.
L’ampoule a plus que jamais vomit sa lueur froide des matins noirs, nauséeuse rivée à la cuvette des chiottes, à la douleur de bide, l’appel à l’aide dans le jour qui se lève encore.
Tu me traites comme une merde… et je suis béat d’amour vaseux.
Je me vautre dans mes malaises d’écume.
Il n’y a plus de bruit dans l’appart, plus un cri, plus de vaisselle cassée, juste les exhalations d’un condamné à se battre contre les mouches à mort.
Posé sur le tapis, un alligator de salon enchaîné à la tv et aux clopes, voué à essayer de t’arracher les jambes, à défoncer le mobilier, mais incapable de se foutre par la fenêtre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :