Les subversifs

C’est tellement facile d’être subversif. On se met en mode « deter », « street crédible », on change d’état d’esprit. On rentre dans un rôle, on change son champs lexical, on y fout des anglicismes, de l’argot pour valider son blaaase. On le travaille, on cultive la punchline.

Comme Daniel Day Lewis, on s’y prend à l’avance, parfois pendant des années pour enfin décrocher la palme de la personnalité atypique ou sulfureuse ou tous les synonymes qui font penser à la violence caractérielle. On est rebelle, un peu révolté, pas trop pour certains, ne pas appuyer trop fort sur les gros traits par crainte de l’overdose. On se fout sur 3 cases au hasard : extrême gauche, extrême droite ou apolitique, c’est prévu pour.
On a un avis sur tout, surtout quand on en a pas. On prend la route à rebrousse poils, on peut même se battre physiquement pour valider l’ensemble. On peut se décliner en plusieurs catégories distinctes:

Subversif 1
Subversif 2
Subversif 3
etc…

Sinon, on est dans le système, un fragile pour qui Richard Clederman est une version adoucie de Cannibal Corps. On fait du taï-chi, on est végan ou lgbtqrst ou féministe, ou un combo au choix. On s’indigne surtout… On fout des « e » à auteur, on fait de l’art contemporain, on rend compliquées les choses simples.

Ou alors, on est vieux ou jeune mais privilégié avant tout.

Ou on est boulanger.
Ou caissière et on chope des tendinites en scannant le consommable de tous ces gens, et on regarde de la télé réalité en rentrant.

Ou on est une minorité.

Ou con.
Ou con et précaire.
Ou insignifiant.

Et on parle du temps qu’il fait avec les gens qu’on aime moyen.

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