Ecrire un roman en 2018, c’est badant

Salut,

Pour planter le décor, je t’avoue direct que j’ai écrit des milliers de textes : Des nouvelles, des poésies et puis par la force des choses bien reloues : du rédactionnel pour des sites Internet. Après avoir commis des articles sur les derniers body personnalisés d’une boutique pour beaufs, d’avoir sué sur les aspects techniques de telles ou telles lois, burnout les gens… Des milliers de textes sans âme… Franchement, j’avais l’impression de me gâcher. Tu vas me dire que ça fait un peu crâneur, bah, j’y peux rien, je le vivais mal, je faisais liquide. Alors, j’ai tout envoyé valdinguer, j’avais la prétention de croire que mon arthrose méritait mieux. Rassurez-vous, j’ai eu quelques moments de gloire sur Internet, j’ai eu des compliments et on m’a même suivi pour mes textes ! Oui, oui ! t’as le droit d’être étonné.

Bref, j’en avais marre. Je me suis dis, t’as 40 ans, c’est le moment d’écrire un roman et là, j’ai acheté une machine à écrire, j’ai voulu me déconnecter du net, j’ai écrit 4 ou 5 pages d’une traite, j’étais chaud ! Et puis, je me suis relu et j’ai tout viré. Y’avait un truc qui me bloquait dans mon histoire, c’est pas que c’était mauvais mais j’avais tout simplement changé d’humeur. Je n’avais plus de café, n’avais toujours pas reçu ma commande de liquide pour ma clope électronique et là, blocage. J’ai voulu prendre l’air. Je pensais qu’en marchant, l’inspiration allait revenir, que j’avais juste besoin de m’aérer l’esprit.

J’ai vu des gens dehors qui avaient l’air bien, satisfaits, pressés pour certains, d’autres se demandaient se qu’il foutaient dans la rue, le truc classique et comme d’hab, je me suis senti à des milliers de kilomètres d’eux.

Le lendemain je reçois ma commande, je me dégueulasse un peu les doigts en remplissant ma clope mais je suis chaud, je vais me remettre devant mon Underwood de 1922, la même que celle de Jack Kerouac, d’Hemingway, de Faulkner, de Fitzgerald. Ha bah oui, moi je vise directement les sommets !

Bref, pas mieux.

Je décide de me prendre en main. Si je n’y arrive pas, c’est que je n’utilise pas la bonne méthode. J’écris à l’instinct, à l’inspiration mais parait qu’il faut une technique, une méthode à l’américaine.

De là, je prends sur moi, je mets ma prétention de coté et vais sur Youtube.

Je tombe sur des tutos… Qui disent tous la même chose, j’en ai même trouvé un qui faisait un parallèle avec le cinéma. Comparer le cinéma avec la littérature… Punaise… Quel monde de fou. Il faut écrire du consommable, penser à faire mouiller la ménagère (car il n’y a que les femmes qui lisent), il faut une méthode pour plaire. Il faut un climax, un cliffhanger, susciter l’intérêt, jouer avec le suspense, en gros… Il faut manipuler le lecteur. Ecrire un roman en 2018, c’est chiant mais je n’ai pas l’intention de me laisser faire.

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