Classe de mer d’avril

Chers parents,

J’espère que pour vous tout va bien.

Ici, ça se passe bien. On est au bord de la mer. On apprend des choses sur la vie aquatique.
J’ai été un peu malade mais ça va mieux. Lire la suite

L’esclave dissident

Etre un homme enchainé, c’est comme ça que ça commence. Alors, la dissidence… La résistance…
On nous vend ça. Il faut s’insurger, se rebeller contre le système. Penser que l’autre est un problème, que l’on est manipulé, impuissant… Lire la suite

Océane

Gérard avait acheté du saumon et m’invitait à le partager dans le foyer d’urgence situé dans les hauteurs de Nice. Cela faisait 2 semaines que nous logions là. Deux semaines à devenir peu à peu inséparables.
Vanessa et sa gamine de 3 ans au ventre gonflé, s’incrustaient à la table de la cuisine commune… Lire la suite

La magie existe

Il est 1h30 du matin.
Je viens de boire un verre de coca débullé.
Je me pose devant mon ordi.
La machine à écrire a fait un peu de bruit aujourd’hui.
J’ai envie de vous parler d’une chose très importante.
La magie existe. Lire la suite

Les subversifs

C’est tellement facile d’être subversif. On se met en mode « deter », « street crédible », on change d’état d’esprit. On rentre dans un rôle, on change son champs lexical, on y fout des anglicismes, de l’argot pour valider son blaaase. On le travaille, on cultive la punchline. Lire la suite

Dans l’hôtel meublé

J’aurais voulu des toilettes persos, même turques…
On m’avait promis que tout se passerait bien, que c’était le mieux qu’on pouvait me trouver.
Mais en guise de confort ultime, on m’avait filé la vue sur un palmier qui chatouillait les roues des trains.
Deux mois comme un clando à vider un seau plein de ma merde tous les jours et la honte qu’on me démasque… Lire la suite

Nuit blanche

Je suis un accroc aux fenêtres ouvertes et à la nuit.

Un avion passe et me donne la chair de poule : Un rapport probable avec mon oreille interne.

Le train s’y met aussi mais son bruit m’écœure comme l’odeur du shit au réveil banlieusard.

Quand j’étais gamin, je partais souvent flâner dans les bois a l’heure de l’ivresse générale, j’attendais qu’un bruit étrangement différent m’oblige à dévaler le sentier, la peur au ventre. Lire la suite

Missia

Je cherche du regard ton âme charitable, qui me dirigerait de manière aimable
m’indiquant le plus sûr chemin qui mène mon audace à tes lendemains
où tes désirs s’étaleraient sur des draps de soie
m’invitant au partage de mon égoïste toi,
où ta bouche, tes cuisses seraient hors de prix
pour les tablettes des amoureux transis. Lire la suite

Les indiens navajos n’ont pas d’odorat

Des bien-pensants, des amateurs de modélisme, des commerciaux, des magasiniers, tels étaient les frères que je m’assignais tête baissée.

Je buvais des verres, riais pour faire plaisir, jouais en groupe au quinté, regagnais ma prison.

Le soleil n’avait plus la même allure, il s’éteignait brusquement et c’était la nuit – une étoile dans le lampadaire, un fleuve dans le caniveau – je tentais de trouver du beau dans cette belle saloperie pendant le trajet jusqu’à chez moi.
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[Texte] Brouillon d’une énième mort

Là tes regards ne sont déjà plus pour moi, glissés dans l’ouverture de la porte, je les vois portés – noisettes de l’automne mûr – sur le col d’un homme brun, petit, merdique comme tes goûts musicaux.
L’ampoule a plus que jamais vomit sa lueur froide des matins noirs, nauséeuse rivée à la cuvette des chiottes, à la douleur de bide, l’appel à l’aide dans le jour qui se lève encore.
Tu me traites comme une merde… et je suis béat d’amour vaseux.
Je me vautre dans mes malaises d’écume.
Il n’y a plus de bruit dans l’appart, plus un cri, plus de vaisselle cassée, juste les exhalations d’un condamné à se battre contre les mouches à mort.
Posé sur le tapis, un alligator de salon enchaîné à la tv et aux clopes, voué à essayer de t’arracher les jambes, à défoncer le mobilier, mais incapable de se foutre par la fenêtre.